En transformant les données publiques, l’OSINT (Open Source Intelligence) injecte de la proactivité et du renseignement à votre stratégie de cybersécurité. Pourquoi et comment l’utiliser pour mieux protéger votre organisation ?
OSINT : définition et principe dans la cybersécurité
L’OSINT, ou renseignement d’origine source ouverte (ROSO), désigne l’ensemble des pratiques de collecte et d’analyse d’informations provenant de sources accessibles à tous.
- Médias et réseaux sociaux : informations diffusées par les collaborateurs, données sur l’infrastructure partagées par erreur.
- Registres publics et données institutionnelles : données financières, brevets, organigrammes.
- Web technique : certificats SSL, métadonnées de documents, enregistrements DNS, bases de données de mots de passe fuités.
- Deep et dark web : forums spécialisés dans les échanges autour des vulnérabilités des accès initiaux à des parcs informatiques.
Comment les attaquants utilisent-ils l’OSINT ?
Avant chaque intrusion, un attaquant consacre environ 80 % de son temps à la phase de reconnaissance. En utilisant l’OSINT, il peut par exemple cartographier votre organisation sans jamais toucher vos serveurs. De cette manière, aux yeux de solutions de détection traditionnelles, il avance tout en restant complètement invisible.
Durant cette première phase, l’attaquant identifie vos serveurs exposés, les versions de vos logiciels, mais aussi les habitudes de vos administrateurs. Il peut par exemple exploiter une simple photo d’un badge disponible ou une offre d’emploi détaillant votre stack technique. Cette analyse va lui permettre de personnaliser ses attaques. Ainsi, la sensibilisation au risque de phishing devient d’autant plus importante pour garantir votre protection.
Protégez votre surface d’attaque
Face à des attaquants capables d’exploiter la moindre faille d’information, Sigma vous accompagne par des audits complets et le déploiement de solutions de surveillance avancées. Anticipez la menace avant qu’elle n’atteigne votre réseau.
Défense proactive : pourquoi l’ETI doit investir dans l’OSINT
Si les attaquants utilisent ces méthodes, votre direction technique doit faire de même pour équilibrer le rapport de force.
Réduction de la surface d’attaque (ASM)
L’Attack Surface Management (ASM) s’appuie massivement sur l’OSINT. Il s’agit de voir votre entreprise avec les yeux d’un pirate : quels ports sont ouverts ? Existe-t-il des environnements de pré-production oubliés mais accessibles ? L’OSINT permet de corriger ces failles avant qu’elles ne soient exploitées.
Détection des fuites de données (data leakage)
L’OSINT vous aide à surveiller en continu l’éventuelle présence, sur le dark web ou sur des plateformes spécifiques, des identifiants de collaborateurs ou de documents internes.
Due diligence et chaîne d’approvisionnement
Pour un décideur, l’OSINT constitue un outil d’aide à la décision lors d’acquisitions ou de choix de partenaires. Dès lors que vous évaluez l’hygiène cyber d’un fournisseur, vous évitez l’importation de risques critiques dans votre propre écosystème, un point particulièrement surveillé par la réglementation NIS2.
Intégration opérationnelle : du renseignement à l’action
L’OSINT n’est efficace que s’il se couple à une forte capacité de réaction. En effet, les données récoltées par son biais doivent alimenter vos outils de détection et de réponse. Dans un SOC (Security Operations Center), le renseignement sur les menaces (threat intelligence) permet par exemple d’affiner les règles de corrélation d’outils comme le SIEM, l’EDR ou le XDR.
Pour gagner en efficacité, les entreprises ont tout intérêt à privilégier l’automatisation via des solutions de SOAR (Security Orchestration, Automation and Response). Ces solutions peuvent, par exemple, enrichir automatiquement une alerte avec des données OSINT pour déterminer instantanément si une adresse IP est connue pour des activités malveillantes.
Pour les PME et ETI exposées aux cyberattaques, l’OSINT constitue une brique fondamentale de l’hygiène numérique. En comprenant ce que vous exposez, vous reprenez naturellement le contrôle sur votre périmètre.
Bien évidemment, cette démarche doit s’intégrer dans une stratégie de réponse aux incidents globale. Si malgré tout une intrusion survient, la connaissance de votre exposition vous aidera à identifier plus rapidement le vecteur d’entrée. Enfin, pour garantir la continuité d’activité, assurez-vous que votre Plan de Reprise d’Activité (PRA) prenne en compte les scénarios où vos accès administratifs, tels que les solutions cyber M365, auraient été compromis via des informations glanées en sources ouvertes.
L’OSINT vous offre un temps d’avance : ne laissez pas les attaquants être les seuls à en profiter.
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