Infra & Cloud

IaaS, PaaS, SaaS : quelles différences et quel modèle pour votre entreprise ?

Véritable moteur de transformation numérique, le cloud computing désigne en réalité un mot générique derrière lequel plusieurs usages cohabitent : IaaS, PaaS et SaaS.

Vous connaissez ces termes, sans forcément avoir la notion de leurs frontières exactes et leurs implications stratégiques (gouvernance, sécurité, coûts) ? Afin de vous aider à choisir entre ces modèles, découvrez tous leurs enjeux en matière de contrôle, d’agilité et de responsabilité.

L’objectif, au travers de la maîtrise de ces nuances, est simple : vous permettre de réellement aligner votre infrastructure IT sur vos objectifs business.

La pyramide du cloud : qui gère quoi ?

Pour saisir la différence fondamentale entre IaaS, PaaS et SaaS, il faut idéalement raisonner en niveau de gestion. Afin d’illustrer leurs différences, on peut les comparer aux déplacements du quotidien :

  • On-premise (sur site) : vous achetez une voiture. Vous gérez l’assurance, le carburant, les réparations, le garage et la conduite.
  • IaaS (Infrastructure as a Service) : vous louez une voiture. Le loueur s’occupe de la maintenance mécanique et de l’assurance. Vous mettez l’essence et vous conduisez le véhicule.
  • PaaS (Plateform as a Service) : vous prenez un taxi. Vous ne vous occupez ni de la voiture, ni de la conduite. Vous indiquez simplement votre destination au chauffeur.
  • SaaS (Software as a Service) : vous prenez le bus. Le trajet et les horaires sont définis à l’avance.

Appliquée au monde IT, cette analogie se traduit par le partage des responsabilités entre vous et votre prestataire cloud. En somme, plus vous montez vers le SaaS lors de votre migration cloud, moins vous gérez de couches techniques (réseau, stockage, serveurs, OS, middleware, données, applications).

1. IaaS : la fondation flexible (Infrastructure as a Service)

L’IaaS est la forme la plus brute du cloud. Ici, votre prestataire vous délivre des ressources informatiques virtualisées (serveurs, stockage, réseaux) via Internet.

Dans ce cas, vous vous affranchissez de la gestion physique du matériel (plus de salles serveurs à climatiser ni de baies à câbler), mais vous gardez la main totale sur le système d’exploitation et les applications. C’est le terrain de jeu favori des administrateurs systèmes et réseaux.

Pour qui ? Les entreprises qui veulent migrer leur infrastructure existante sans réécrire leurs applications (on parle de « Lift and Shift), ou celles qui ont besoin d’une puissance de calcul modulable pour encaisser des pics de charge.

L’atout majeur : la maîtrise. Vous contrôlez la configuration de vos serveurs comme s’ils étaient chez vous, mais avec l’élasticité du cloud.

2. PaaS : l’accélérateur de développement (Platform as a Service)

Le PaaS s’adresse avant tout aux développeurs. En plus de l’infrastructure (serveurs, stockage), le fournisseur met à votre disposition l’environnement logiciel nécessaire pour créer des applications : système d’exploitation, base de données, outils de développement, business intelligence, etc.

Cette externalisation de votre SI permet de libérer du temps dans vos équipes, car elles n’ont plus besoin d’installer ou de mettre à jour des OS ou d’ajouter des antivirus, par exemple. Celles-ci peuvent au contraire se concentrer sur le code et leurs objectifs de déploiement.

Pour qui ? Les équipes DevOps et les entreprises qui développent leurs propres logiciels ou applications métiers et souhaitent automatiser leurs déploiements.

3. SaaS : la solution clé-en-main (Software as a Service)

Le SaaS s’impose comme le modèle le plus répandu et le plus visible pour l’utilisateur final. Avec lui, vous n’avez rien à installer et rien à gérer. Concrètement, vous accédez à un logiciel via votre navigateur web, généralement par l’intermédiaire d’un abonnement (mensuel, annuel selon les cas).

CRM, ERP, outils collaboratifs, messagerie : aujourd’hui, on estime que 85 % des solutions professionnelles utilisées sont au format SaaS (Capchase, 2023).

Pour qui ? Toutes les entreprises, pour les fonctions support (ressources humaines, comptabilité, etc.) ou les outils de productivité. Le SaaS reste la solution idéale pour standardiser les processus sans alourdir la charge pour la DSI.

Tableau comparatif IaaS, PaaS, SaaS : comment choisir ?

CritèreIaaSPaaSSaaS
CibleAdmin IT, architecte réseauDéveloppeurs, DevOpsUtilisateurs finaux (métiers)
Niveau de contrôleÉlevé (OS, middleware, apps)Moyen (apps, données)Faible (paramétrage uniquement)
Gestion techniqueVous gérez l’OS et au-dessusVous gérez le code et la donnéeLe fournisseur gère tout
Avantage cléFlexibilité, réplication de l’existantRapidité de développementMise en service immédiate

Vers une réalité hybride

Ne tombez pas dans le piège de vouloir choisir un modèle unique pour toute l’entreprise, car la réalité est bien souvent hybride. Ainsi, concrètement, votre stratégie multicloud va être amenée à combiner :

  • Du SaaS pour certains logiciels comme la messagerie ou le CRM ;
  • Du PaaS pour développer vos nouvelles applications si besoin ;
  • De l’IaaS pour héberger votre ERP historique ou vos bases de données critiques nécessitant un cloisonnement fort (et du cloud privé plutôt que du cloud public).

La souveraineté, un critère qui change la donne

Au-delà des aspects purement techniques propres au cloud, vous allez probablement devoir vous interroger sur la localisation des données. Dans un modèle SaaS ou PaaS public (chez les GAFAM par exemple), vous déléguez une grande partie de la sécurité et de la conformité à un tiers souvent soumis à des juridictions étrangères.

C’est la raison pour laquelle vous avez tout intérêt à opter pour un partenaire capable de vous offrir des briques IaaS et PaaS dans un environnement souverain. De cette manière, vous bénéficiez à la fois de l’agilité du cloud et de la confidentialité de votre patrimoine sensible.