Partager :

Les RH en action face au Covid-19

#3 Bien vivre le télétravail

Confinement oblige, un actif français sur cinq exerce actuellement de son domicile. Si la pratique du télétravail a ses avantages (réduction des déplacements, autonomie accrue, etc.), elle expose aussi les salariés à des risques psychosociaux comme stress et surmenage.

Voici 8 clés pour télétravailler avec sérénité :

 

1. Disposer d’un endroit séparé : pour pouvoir se concentrer sur ses taches, ne pas être interrompu régulièrement et bien marquer la frontière entre vie pro et vie perso, il est recommandé d’avoir une pièce indépendante, dédiée à l’activité professionnelle.

 

2. Instaurer des règles à domicile : pas toujours aisé, pour les membres du foyer, de comprendre que l’on travaille à la maison comme on le ferait au bureau. Des règles claires doivent être établies pour respecter celui qui télétravaille. Cela peut passer par des codes couleur : un post-it rouge sur la porte signifie « Ne pas déranger », un post-it vert « Vous pouvez entrer », etc.

 

3. Adapter la charge de travail : en télétravail, chaque contexte est différent et doit donc être pris en compte par l’employeur. Ainsi, les collaborateurs ayant de jeunes enfants ne pourront vraisemblablement pas passer 7h devant l’ordinateur. Il s’agit donc d’adapter la charge de travail, suivant les besoins et situations spécifiques à chacun.

 

4. Se ménager des pauses : rythmé par des temps différents (rendez-vous clients, réunions d’équipes, pause café, etc.), le temps de travail en entreprise n’est pas continu. Le télétravail, de même, demande au collaborateur de réaliser régulièrement des micro-coupures. Et de s’offrir d’indispensables « respirations ».

 

5. Délimiter son temps de travail : s’il permet des horaires flexibles, et une organisation plus libre du planning, le télétravail doit toutefois s’accompagner d’une bonne gestion du temps entre le professionnel et le personnel. S’il peine à se mettre des limites (consultation des mails à certaines heures, portable professionnel éteint hors des heures de travail…), le salarié très investi s’expose à un épuisement professionnel.

 

6. Dialoguer régulièrement avec son manager : rien de plus stressant, pour un salarié, d’avoir le sentiment de « naviguer à vue » sans caps précis ou d’être confronté seul à des questionnements. Durant ce temps de confinement, il est donc essentiel de planifier une communication régulière entre lui et sa hiérarchie.

 

7. Conserver des rituels d’équipe : le télétravail peut être source d’isolement social. D’où l’importance, même à distance, de maintenir les liens d’équipe. Managers ou collaborateurs peuvent créer un canal dédié (groupe whatsapp, page Facebook, etc.) avec des rituels collectifs, à certains moments de la journée. De quoi raconter des anecdotes, partager des vidéos…

 

8. Réduire les risques physiques : une exposition prolongée à l’écran sur un poste mal adapté peut engendrer des effets sur la santé (fatigue visuelle, troubles musculo-squelettiques, stress…). Face à cela, un certain nombre de bons gestes sont à adopter : porter le regard au loin par la fenêtre pour reposer les yeux et la tête, s’étirer, changer régulièrement de posture, utiliser un casque réduisant les bruits parasites lors des conférences audio, etc.

 

La parole à…

Catherine Troufléau

Psychologue du travail et dirigeante de TSM Conseil

« A la fin du confinement, il ne s’agit pas pour les entreprises de retrouver des équipes totalement épuisées. Et c’est ce que l’on peut craindre, si l’investissement et la fatigue de chacun ne sont pas pris en compte. Durant cette période, les managers et les autres lignes hiérarchiques doivent donc bien adapter la charge de travail en fonction de chaque collaborateur. Et l’aider, si besoin, à trier les taches entre ce qui est urgent, ce qui est important et ce qui l’est moins. De même, il est possible de morceler le travail donné, en termes de réalisation, pour permettre un suivi plus fin. Et aider les personnes à se ressourcer suffisamment. Ce contexte, sans doute plus que d’autres, demande de la prévenance d’humain à humain. Et cette prévenance doit se traduire par de l’écoute, du questionnement et de la reconnaissance des dispositifs, que le salarié a mis en place pour continuer à assurer son travail. »

Suivez-nous sur nos réseaux !