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Stéphane DIAGANA promeut le "bouger plus" en entreprise

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Comment lier les lignes du sport et du management ? Rencontre avec le président du jury des Trophées Sentez-vous sport, où Sigma a été désignée « entreprise la plus sportive en France ».

Devenu consultant, Stéphane Diagana, double champion du monde d’athlétisme, met ses bonnes pratiques de sportif au profit des entreprises pour qu’elles réinventent leur management. Et qu’elles donnent au sport, une place centrale. Récemment, il présidait le jury des Trophées « Sentez-vous sport », où Sigma a été désignée « entreprise la plus sportive en France » (plus de 250 salariés). Rencontre. 

En France, 61% des salariés aimeraient pouvoir faire du sport en entreprise. L’engouement des dirigeants pour mettre en place une stratégie sport/entreprise adaptée grandit-il ?

Je dirais que la prise de conscience est là mais elle reste insuffisante. Des entreprises ont avancé sur ce terrain et fidélisent ainsi les collaborateurs, attirent des talents. On demande de plus en plus aux salariés d’être connectés, parfois en dehors de l’entreprise. Il ne me semble pas anormal qu’en échange, la pratique d’une activité physique sur le lieu de travail soit encouragée.

Comment lier les lignes du sport et du management ?

L’entreprise doit faire prendre conscience à chacun que nous avons des phases de sédentarité trop longues et que l’activité, même le fait de venir à vélo au travail, fait du bien.
Il faut une vision à 360 degrés, intégrée dans une démarche RSE, avec une offre assez large pour permettre à chacun, selon son niveau, d’être en phase avec une activité. Bouger permet de prendre confiance en soi. On veille au bien-être, en prévenant les TMS (troubles musculo-squelettiques) et en limitant l’absentéisme.
Des entreprises vont plus loin  et ont recours aux activités de Team building (constitution d’équipes pour des événements, manifestations, etc.) afin de renforcer la cohésion d’équipe.
Dans tous les cas, ces dynamiques contribuent à la performance.

Vous exposez le concept de « performance durable ». La stratégie, finalement, doit être partagée pour être efficace ?

Il faut en effet éviter que ceux qui pratiquent se sentent marginalisés ou entendent : « Tiens, t’as le temps de faire du sport ». Pour cela, l’exemple doit venir d’en haut. Si des dirigeants s’organisent malgré la pression de l’agenda et prennent du temps pour pratiquer, ça montre que chacun peut le faire. Il faut une forte motivation… qu’ont souvent les manageurs pratiquants. Ils partagent le même goût pour l’aventure que les champions sportifs.

Quels sont les freins identifiés ?

Des freins culturels, avant tout. Si l’entreprise est dans la course au présentéisme, ce n’est pas favorable. Je me souviens d’étudiants en médecine qui présentaient des troubles psychologiques importants. Ils n’osaient pas aller courir entre 12 et 14 h … rester à la cafétéria était plus visible. Et pourtant, c’était sur le temps personnel.
La question des équipements se pose aussi. Pourtant, on peut faire les choses simplement, faire venir un coach sur place. Ceux qui n’ont pas de place peuvent penser aux espaces verts, aménager une salle avec une table de ping-pong, la mutualiser avec d’autres structures. Les entreprises, « responsables » de la sédentarité avec le développement de l’activité tertiaire, doivent embarquer autour du « bouger plus ». Tout est une question de volonté !

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