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Les RH en action face au Covid-19

#9 Activer l’intelligence collective

Durant le confinement, les collaborateurs n’ont pu interagir entre eux ou avec leurs clients, comme ils le font habituellement. D’où l’importance de recréer du lien dans l’entreprise. L’intelligence collective constitue, pour cela, un levier intéressant.

Voici 8 clés pour l’activer avec succès :

 

1. Définir l’intention : avant de mettre en œuvre une démarche d’intelligence collective, il est important d’en définir précisément l’objectif. S’agit-il de remettre du lien entre les salariés, de résoudre des conflits liés à la crise ou de trouver de nouveaux chemins innovants ? Une fois posée, cette intention doit être largement communiquée.

 

2. Mobiliser des acteurs différents : faisant partie d’un écosystème, l’entreprise ne peut engager une telle réflexion… à huis clos. Pour donner toute sa puissance à l’intelligence collective, la démarche doit associer les parties prenantes (clients, fournisseurs…) et des collaborateurs d’horizons divers (opérateurs, dirigeants, fonctions financières, RH, etc.)

 

3. Poser un cadre propice : pour que chacun puisse s’exprimer en toute liberté lors des ateliers d’intelligence collective, il est nécessaire de s’accorder d’abord sur un certain nombre de principes. Outre la diversité des profils, le principe d’équivalence – chaque voix au sein du groupe compte de la même manière – et le volontariat des personnes sont des clés de réussite.

 

4. Choisir le bon format d’atelier : pour être efficaces, les différentes étapes de cette réflexion commune, le design des ateliers et les outils utilisés – des leviers de créativité, par exemple – doivent être soigneusement pensés selon l’objectif de départ (innover, recréer du lien, résoudre des conflits…) et le contexte de l’entreprise.

 

5. Favoriser l’esprit d’ouverture : difficile de déployer un tel processus et de libérer l’intelligence collective, si chacun « campe » sur ses certitudes. La réussite de cette démarche nécessite donc une posture d’ouverture et d’accueil des idées, quelles qu’elles soient, qui sortiront des différents ateliers. Il faut donc accepter, dans ce cadre, de… ne pas savoir.

 

6. Récolter l’information : si riches soient-ils, les échanges des divers groupes de travail risquent de rester lettre morte, sans un traitement efficace. A travers différentes formes (restitution écrite, captation vidéo, facilitation graphique, etc.), il est donc essentiel d’en garder une trace fidèle et claire. De cette trace dépendront la mise en place derrière d’actions pertinentes.

 

7. Décider avec transparence : à l’issue de la démarche d’intelligence collective, un certain nombre de propositions auront émergé. Il s’agit alors de choisir celles qui permettront d’atteindre au mieux l’objectif initial, en écartant les autres. Ce processus de décision, ces différents arbitrages, etc., doivent se faire avec transparence. Et dans le respect du collectif.

 

8. Valoriser ce qui fonctionne : si elle est mise en œuvre avec efficacité, l’intelligence collective va conduire à diverses évolutions et transformations (organisation, innovations, RH, etc.) au sein de l’entreprise. Il est important alors de valoriser toutes ces avancées issues des ateliers de travail. Car qui dit « intelligence collective » dit aussi « reconnaissance » des contributions de chacun.

La parole à…

Bertrand Baudez

Fondateur du collectif « Les Ensembleurs »

« Lors du confinement, beaucoup de salariés ont découvert le télétravail. Ils ont dû alors réinventer leur façon de travailler et d’interagir avec leurs collègues, managers ou clients. Ils ont gagné également en autonomie. De la même manière, la vision des entreprises sur le télétravail a évolué. Parfois réticentes sur le sujet, elles se sont rendues compte que, lorsqu’on remplaçait le contrôle par la confiance, cela fonctionnait aussi… Dans ce contexte, l’intelligence collective est un outil intéressant pour remettre de la relation – et une relation différente – entre les personnes. Elle constitue aussi un levier pour poser de nouveaux modes de fonctionnement, qui conviennent à tous, en abandonnant certains ou en faisant évoluer d’autres. Ensemble, il s’agit ainsi de réinventer le présent et de bâtir le futur à partir des pratiques de travail, que le confinement a rendu possibles. »

 

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