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Depuis le début du confinement, le secteur de la Grande Distribution connaît une tension sans précédent. L’acheminement des produits jusqu’aux entrepôts puis vers les hypermarchés ne peut souffrir la moindre faille. Thierry Fétiveau, directeur de la Direction Retail du Groupe Sigma fait le point sur l’engagement de ses collaborateurs au service d’enseignes de Grande Surface Alimentaire.

 

Cette bascule en télétravail, forcée par les événements, incitera à la réflexion quant à un nouveau mode de pilotage opérationnel une fois la situation normale revenue.

 

 

Quels sont les impacts du confinement sur l’organisation au niveau de la Business Unit Retail ?

 

Thierry Fétiveau : « Tout d’abord, cette situation avait été anticipée dans la mesure du possible. Dès le 13 mars, les collaborateurs ont pu s’organiser pour disposer à leur domicile d’un poste de travail qui soit le plus confortable possible. Avec jusqu’à trois écrans pour certains, un pour le pilotage des projets, un deuxième pour les réseaux sociaux d’entreprise dont Teams, la messagerie Outlook… et le troisième, celui du PC portable, pour les tâches courantes. Cette phase s’était bien passée sur le plan de la logistique interne.

 

Il y a ensuite eu une grande adaptation de chacun. Beaucoup d’analystes et de concepteurs développeurs ont besoin d’échanger au quotidien. Avant cette période Covid-19, ils ne se sentaient pas particulièrement éligibles au télétravail, le taux de télétravail dans la direction était de 15%.

 

Au-delà de l’appréhension et des difficultés à surmonter, chacun s’est néanmoins senti dans la position d’accomplir son rôle en pleine responsabilité : j’y vais, je fais pour le client, pour mon équipe, pour Sigma…  C’est une vraie fierté.

 

Le management s’est aussi adapté : nous avons beaucoup communiqué les deux premières semaines pour parer à un éventuel sentiment d’abandon. Pour maintenir le contact et les rituels, des micro-réunions à distance sont organisées chaque matin. Le bilan de la veille est fait. La journée qui débute est programmée. Le lien entre les équipes est conservé, resserré.

 

Il est important d’identifier les salariés qui seraient potentiellement en situation de fragilité pour être en mesure de leur venir en aide à tous les niveaux. J’effectue des points quotidiens avec les managers. Je leur demande d’être présents, proches, à l’écoute. »

 

Et quel est l’impact de la pandémie sur l’activité de votre direction ?

 

Thierry Fétiveau : « Nous accompagnons une enseigne nationale de GSA sur la gestion et la performance de son Système d’information. Ce secteur connaît une hyper croissance brutale de son activité. Depuis le début du confinement, l’essentiel des repas sont pris à la maison. Il n’y a plus d’offre de restauration complémentaire. Les centrales et les points de vente connaissent des pics d’activité extrême, une explosion des volumes à gérer et à acheminer, avec un effet ciseau de réduction de personnel. La contrainte de la garde d’enfants et des arrêts maladies se pose aussi pour nombre de salariés de la Grande Distribution !

 

Les systèmes d’information (SI) sont largement dimensionnés, et cette puissance est supérieure aux besoins y compris en phase de tension. Nos interventions sont majoritairement concentrées sur l’utilisation de telle ou telle fonctionnalité logistique jusqu’à des problèmes plus complexes sur des échanges avec des automates en surchauffe. Toujours dans cette idée de sécuriser l’acheminement des produits vers l’entrepôt puis vers les hypers.

 

En tant que prestataire informatique intervenant sur le Retail, 100% de notre effectif est donc opérationnel et sur le pont. Et c’est indispensable car même si la crainte d’une pénurie est derrière nous, nos clients restent en tension en raison de la forte activité et de la nécessité de maintenir leurs effectifs en sécurité, notamment leurs personnels au contact du public. On ne peut se permettre le moindre souci informatique, même bénin, qui ajouterait de la tension à cette situation inédite. »

 

L’activité est-elle concentrée sur l’urgence ou permet-elle d’avancer aussi sur des projets en cours de développement ?

Thierry Fétiveau : « Nous menons tout de front, l’assistance aux utilisateurs, la maintenance des SI existants, la prise en compte d’évolutions mineures et le développement des projets en lien avec de nouvelles activités. Nous avons gardé l’ensemble du dispositif Client opérationnel et disponible. »

 

Un temps long du confinement s’étant installé, notez-vous un début de lassitude des salariés en télétravail ?

 

Thierry Fétiveau : « Il y a quelques effets de lassitude qui apparaissent comme le fait de ne pas pouvoir prendre son café à plusieurs. La cohésion des équipes et l’engagement permettent cependant de garder collectivement le moral. Et nous avons beaucoup progressé dans l’adoption des outils collaboratifs avec des canaux qui vont du professionnel… au plus léger pour partager au-delà des projets !  Au niveau du Groupe, une salle de pause virtuelle s’est ouverte, conservant tous les codes de la pause-café (spontanée, décontractée et conviviale) pour discuter de tout et de rien comme en vrai !

 

Tout le monde sera content de se retrouver. Certains parlent même de se confiner quelques jours chez Sigma… »

 

L’heure n’est pas encore au déconfinement mais quel premier regard portez-vous, au vu du mois écoulé ?

 

Thierry Fétiveau : « Cette bascule en télétravail, forcée par les événements, incitera à la réflexion quant à un nouveau mode de pilotage opérationnel une fois la situation normale revenue. Il y a eu un avant, il y aura un après. Tant dans le fonctionnement que les usages. Je retiens aussi que nous avons tous les jours quelque chose à nous dire… et que, de façon paradoxale, l’éloignement nous rapproche. Il rend la notion de distance plus feutrée. »

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